[Décryptage] Le potentiel Nearshoring en Tunisie, analysé par M. Sami Moalla

Dans le cadre du webinaire « UpTunisia by FIPA », Regards croisés sur le potentiel Nearshoring en Tunisie, réalisé avec les tunisiens de Suisse, M. SAMI MOALLA, Consultant en Stratégie et secteur bancaire, est l’une des personnes qui ont répondu présentes à notre invitation. Retour sur son intervention. 

Q : Quelles sont les opportunités de Nearshoring que peut capter la Tunisie dans le contexte économique actuel ?

R : « Si on veut vraiment parler d’un potentiel futur qui soit pérennisé, le premier investissement à mon sens c’est d’investir dans l’éducation en Tunisie et au niveau des jeunes aussi […].

Les opportunités au niveau des services, on voit les pays de la région mais aussi les pays qui sont vraiment en train de se développer économiquement et socialement grâce au Nearshoring typiquement les pays de l’Europe de L’Est. On y voit un niveau de développement impressionnant vraiment basé sur l’aspect Nouvelles Technologies, donc le premier segment c’est vraiment tout ce qui est classique ; tout ce qui  est support informatique, tout ce qui est BPO outsourcing […] Des choses qui se font déjà depuis longtemps mais qui se développe de plus en plus. Et le potentiel est là, parce que maintenant avec le rapatriement de choses qui se faisaient avant peut être en Inde ou dans des destinations plus lointaines, aujourd’hui y a vraiment le potentiel de les ramener en Tunisie. 

Après y a un autre créneau ; tout ce qui est innovation et recherche […] si on prend des secteurs comme le secteur financier, y a vraiment moyen d’investir avec notre capital humain encore une fois sur des sujets d’innovation. Aujourd’hui, on voit beaucoup de chose évoluer que ce soit dans le secteur bancaire ou dans le secteur des assurances avec des technologies de FinTech, avec L’InsureTech, les RegTech de reglementations qui sont en train d’évoluer au niveau mondial, au niveau des services financiers et y a beaucoup d’innovation qui se fait maintenant sur des technologies qui vont aller scanner tous les process métiers et qui vont aller identifier toutes les implications possibles de cette nouvelle reglementation et c’est là où on va vraiment beaucoup de potentiel.»

Q : Quels sont les conditions et les prérequis pour implémenter ces opportunités ?

R : « Je pense clairement qu’il faut se mettre à la place de l’investisseur et comprendre tout au long du chemin quels sont vraiment les facteurs clés de succès. Si on revient vraiment à la définition basique de l’investisseur ; c’est quelqu’un qui a un capital qui veut le placer pour le faire fructifier tout en minimisant le risque.

 Donc si on veut qu’un investisseur vienne en Tunisie comme destination choisie pour investir, il faut lui faciliter tout ce flux là que ce soit au niveau du transfert de ce capital là (…) mais aussi par la suite au niveau du service, de l’offre et des produits, aujourd’hui on parle par exemple du TMM qui est un inconvénient dans certains aspects par son niveau élevé mais ce regard par rapport à l’investissement sur des choses de type capital garanti ou épargne, il y a peut être un créneau de drainer en fait de l’épargne de certaines personnes qui sont à l’étranger, on a pas ces taux d’intérêt là à l’étranger, c’est un exemple parmi d’autres.

Le troisième point par rapport aux conditions que je voulais mentionner aussi, c’est vraiment de se mettre aux standards de l’investisseur qui opère aujourd’hui dans des environnement où il y a de la protection des données, une gestion de la sécurité et de la cybersécurité, y a une gestion du service client et du suivi du bout en bout et c’est ça qu’il faut assurer aux mêmes standards auxuquels l’investisseur s’attend. 

Je pense qu’on pourra faire, de la même manière que les pays de l’Europe de L’Est qui ne sont pas partis d’un niveau beaucoup plus évolué, c’est juste qu’ils ont pris le chapeau du client et ils se sont mis à sa place, ils ont dressé vraiment le chemin de bout en bout et à chaque étape, ils ont défini tout ce qu’il faut faire en tant que standard et en tant que prérequis pour réussir à ce niveau-là.»

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