Saisir les opportunités : les investissements doivent conduire la région MENA vers la reprise

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Article parus sur oecd-forum.org le 30/03/2021

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Dans la région MENA, les IDE ont chuté à la suite de la pandémie de COVID-19

La pandémie de COVID-19 a causé d’énormes dommages à la santé, à l’emploi et au bien-être des populations dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA). La crise a également affecté les échanges et les investissements internationaux. Les investissements directs étrangers (IDE) ont mondialement chuté de 50 % au premier semestre 2020 par rapport au second semestre 2019, le plus bas niveau semestriel depuis 2013. Cette tendance négative a été enregistrée dans plusieurs économies de la région MENA, y compris en Tunisie, où les flux d’IDE en 2020 ont diminué de 23 % par rapport à 2019, passant de 823 USD à 643 millions USD. Une baisse des IDE signifie moins de possibilités d’emploi et une croissance globalement plus faible.

Alors que nous nous tournons vers la reprise, nous devons nous concentrer non seulement sur les moyens d’attirer plus d’investissements, mais également sur la qualité de ces investissements qui pourraient favoriser une croissance plus inclusive, plus juste, durable et résiliente.

Depuis le début de la crise, le gouvernement tunisien a adopté des mesures urgentes pour soutenir son économie et rassurer les investisseurs. Ceci a été effectué en étroite collaboration avec le secteur privé, reconnaissant les efforts exceptionnels que les circonstances exigent. Nous nous sommes associés à des entreprises internationales afin d’améliorer la production d’équipements médicaux et – et la digitalisation  permettant le travail à distance. Nous avons réaffecté les investissements publics d’infrastructure non prioritaires, d’une valeur de 3 % du PIB environ, vers des secteurs vitaux comme la santé et l’éducation, et avons encouragé les entreprises à réorienter leurs lignes de production vers les produits et services essentiels.

Parallèlement à ces mesures, le département en charge des investissements a mis en place une Cellule de crise COVID-19 du secteur privé coordonnée dans le but de sensibiliser le grand public aux mesures gouvernementales, répondre aux préoccupations des investisseurs et identifier les solutions afin de sécuriser leurs activités et exportations tout au long de la première période difficile  de la pandémie.

Mais de nouvelles opportunités se profilent à l’horizon

Si ces mesures immédiates étaient nécessaires pour éviter le pire, nous savons qu’il reste encore beaucoup à faire. Pour les petites économies émergentes comme la Tunisie, attirer davantage d’investissements – et tirer profit de ses avantages pour la société dans son ensemble – est la clé de la reprise. Pour cela, nous devons repenser nos stratégies d’investissement et saisir les nouvelles opportunités potentielles offertes par la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales.

Notre région est d’une importance stratégique pour l’économie mondiale. Au carrefour de trois continents et des routes commerciales mondiales, nous abritons une population jeune qui augmentera de 40 % pour atteindre 586 millions d’ici 2030, ainsi qu’une classe moyenne en croissance rapide. La Tunisie, tout comme d’autres pays de la région, a tout le potentiel et l’ambition pour attirer les entreprises multinationales qui cherchent à raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement pour produire plus près de leurs marchés primaires au lendemain de la pandémie.

Voici quelques-uns des principaux objectifs de notre stratégie d’investissement pour 2021 : exploiter pleinement notre avantage concurrentiel dans des secteurs clés comme l’agro-industrie, l’industrie pharmaceutique, l’automobile et d’autres industries manufacturières et l’économie numérique ; attirer les investisseurs souhaitant exporter leur production vers les marchés européens et africains ; améliorer l’intégration de notre économie dans les chaînes de valeur mondiales ; augmenter les investissements intra-régionaux.

Quatre priorités pour un nouveau programme d’investissement dans la région MENA

À l’occasion de la Conférence ministérielle OCDE-MENA, j’exhorte nos pairs de la région de  saisir  cette opportunité. Faisons nôtres les quatre priorités politiques clés identifiées par la nouvelle publication de l’OCDE « Perspectives de la politique d’investissement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord » :

  • Premièrement, nous devons nous efforcer d’améliorer nos cadres juridiques d’investissement vers plus de transparence et de clarté, et vers moins de cas de pouvoir discrétionnaire et de corruption;
  • Deuxièmement, nous devons promouvoir des réformes plus audacieuses de l’environnement des affaires pour stimuler la concurrence et soutenir un secteur privé dynamique;
  • Troisièmement, nous devons nous assurer que les stratégies de promotion des investissements et les objectifs de développement durable soient des objectifs complémentaires;
  • Quatrièmement, nous devons renforcer nos cadres institutionnels et de gouvernance pour mettre en place une meilleure politique d’investissement : une approche pangouvernementale, adaptée aux besoins du secteur privé, est de la plus haute importance dans nos efforts de promotion et de facilitation des investissements.

La Tunisie et la région MENA continueront de collaborer avec l’OCDE

Ces tâches ne seront pas simples à réaliser. Heureusement, nous pouvons compter sur le soutien de la communauté internationale, et en particulier de l’OCDE. Le Centre d’Istanbul de l’OCDE, récemment inauguré, représente la détermination de l’Organisation à s’engager plus étroitement que jamais avec la région. En tant que fière coprésidente du Programme MENA-OCDE pour la compétitivité, la Tunisie a longtemps contribué et bénéficié de ses concertations politiques et de son réseau régional, et nous nous félicitons du renouvellement de son mandat pour 2021-2025.

Nous sommes également activement engagés dans la deuxième phase du « Programme UE-OCDE sur l’investissement en Méditerranée », qui continuera à soutenir les économies de la région MENA dans l’amélioration de l’environnement des affaires et des investissements, et à renforcer les dialogues public-privé dans les secteurs stratégiques clés pour la reprise.

L’impact de cette fructueuse collaboration est d’ores et déjà clair. La Tunisie, tout comme d’autres pays de la région, adopte de plus en plus les normes de l’OCDE comme les siennes. Nous adhérons entièrement à la Déclaration de l’OCDE sur l’investissement international et les entreprises multinationales et à ses Principes directeurs à l’intention des entreprises multinationales, afin de garantir des conditions de concurrence équitables pour les entreprises fondées sur la coopération internationale et des initiatives de conduite responsable des affaires.

Je tiens à féliciter l’OCDE et tous les partenaires de l’Initiative MENA-OCDE pour l’organisation réussie de la Conférence ministérielle et du Sommet Gouvernements-Entreprises. Alors que la Tunisie amorce ses efforts pour « reconstruire en mieux », nous sommes heureux de la perspective d’une plus forte coopération avec l’OCDE pour de meilleures politiques et une vie meilleure.

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