Interview UP avec M. Moez Hammami – CEO Quantylix

« Tant qu’il y a des problèmes, il y a des opportunités … »

UpTunisia : Peux-tu nous présenter brièvement Quantylix ?

Quantylix est une RegTech (Sous-domaine des FinTechs), elle est spécialisée en Risk et Data Advisory. La société a été créée en novembre 2016 à Paris. En avril 2017, nous avons ouvert une filiale à Tunis. Aujourd’hui, Quantylix Tunis représente notre base opérationnelle qui compte plus de 35 collaborateurs, dont plus de 70% du groupe basés à Tunis.

Pourquoi avoir choisi d’implanter  votre base opérationnelle à Tunis plutôt qu’en France ou au Maroc là où tu exerçais déjà ?

Essentiellement pour deux raisons :

1. Excellent Rapport Qualité / Prix des ressources. Nos ingénieurs et nos jeunes ont un potentiel certain que beaucoup de pays ont compris avant nous. Il n’y a qu’à voir le nombre de success-stories tunisiennes à l’étranger dans le domaine technique et scientifique par exemple. Nous ambitionnons de les faire réussir en restant en Tunisie tout en évoluant dans un cadre de travail international.

2. « Retour d’ascenseur » à notre pays ! Je crois fermement que nous autres, Tunisiens de l’étranger, avons une dette envers le pays d’origine qui a façonné notre éducation. Chacun selon ses moyens et la nature de ce qu’il peut redonner, doit s’en rappeler particulièrement dans cette période pénible  où la Tunisie a besoin de toutes ses forces vives.

A ce stade, quel bilan professionnel et personnel dresses-tu de ton expérience en Tunisie ?

Personnellement, c’est très agréable de vivre en Tunisie (une bonne qualité de vie, plus accessible que d’autres pays de la région, proximité culturelle, du temps en famille et amis…) et cela te permet de te sentir bien, surtout après 17 ans passés à l’étranger !

Professionnellement, des hauts et des bas mais globalement c’est satisfaisant. Les points les plus bloquants sont :

– Absence de ressources “prêtes à l’emploi” dans notre domaine : Ce qui nous a amené à nouer des partenariats avec des écoles cibles et former des ressources juniors

– Un marché peu éduqué et peu profond : nos problématiques sont certes nouvelles mais la résistance au changement est importante, bien qu’on soit sur des problématiques réglementaires (un « must to have »)

– une bureaucratie étouffante : trop de déclarations, trop de paperasserie, une “digitalisation” en trompe-l’œil

Cependant, ces difficultés restent surmontables, après un peu de temps d’adaptation 🙂

Quels parallèles et différences vois-tu avec être entrepreneur en France ?

En Tunisie, il faut davantage compter sur soi-même que compter sur les aides publiques (exception du “Startup Act” qui est très bénéfique). Il n’est pas aisé d’avoir un accès aux crédits ou aux financements alternatifs (levée de fonds par exemple).

Ici, il faut toujours connaître quelqu’un bien placé dans l’administration. L’humain, le relationnel et le subjectif sont très présents dans notre l’administration. Avoir un bon réseau est donc capital !

Au niveau des meilleures ressources humaines, tu as beaucoup plus de concurrence et il est souvent compliqué de pouvoir s’aligner. Surtout que le concurrent le plus sérieux est l’ailleurs : émigrer vers la France…

Tes conseils à des Tunisiens de l’étranger qui seraient comme toi tentés de venir entreprendre en Tunisie ?

1. Venez ! Tant qu’il y a des problèmes, il y a des opportunités !

2. Osez ! Vous avez en vous le nécessaire qui vous fera réussir (a conditions de toujours apprendre)

3. Internationalisez ! Le marché tunisien est petit mais l’international est illimité. Installez votre base en Tunisie et décollez …

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